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Bon, il est temps que je parle de mon travail au Japon…

Le contexte est celui d’une année sabbatique (selon le jargon employé dans le milieu académique). Plus précisément, je bénéficie d’un Congé pour Recherches ou pour Conversions Thématiques (CRCT), et l’Université de Kyoto m’accueille en tant que guest scholar, c’est à dire, professeur invité.

L’organisation de l’Université de Kyoto m’échappe encore, mais je peux quand même décrire (un peu) le contexte de mon séjour.

L’Université de Kyoto

Je cite Wikipedia:

Parmi les personnalités liées à l’université, six anciens étudiants ont obtenu un prix Nobel, deux ont obtenu une médaille Fields, deux ont été Premiers ministres du Japon, et un président de Taïwan.

[…]

L’université est classée dans plusieurs palmarès universitaires. En 2010, le classement de l’université Jiao-tong de Shanghai classait l’université de Kyoto à la 24e place mondiale et plus particulièrement à la 28e place pour la recherche en physique, à la 33e place pour la recherche en mathématiques, et à la 7e place pour la recherche en chimie43. Le classement QS World University Rankings place en 2011 l’université à la 32e place mondiale et plus particulièrement à la 13e place pour les sciences naturelles, à la 17e place pour les sciences de l’ingénieur, à la 20e place pour les sciences de la vie, à la 28e place pour les sciences humaines et à la 33e place pour les sciences sociales44. Le classement de l’école des mines de Paris place l’université en 2009 à la 11e place mondiale45 et le Global University Ranking à la 11e place mondiale la même année46.

Bien entendu, ces classements, on en ricane un peu… surtout quand on n’en fait pas partie…

Est aujourd’hui Professeur à l’Université de Kyoto l’extraordinaire (et extravagant) Shinichi Mochizuki : celui-ci aurait démontré, en 2012, la conjecture abc. Le problème est que sa preuve n’a pas été publiée dans une revue scientifique mais sur son site web, et s’appuie sur des dizaines de pages d’articles annexes de théorie des nombres qui semblent lisibles uniquement de lui-même et de ses quelques élèves. Ici, différentes histoires circulent sur le personnage.

L’Institute of Chemical Research

L’ICR est l’un des centres de recherche de l’Université de Ktyoto. Le plus prestigieux sans doute, car le plus ancien et le plus médaillé. Son prix Nobel commence à dater un peu mais le centre reste un endroit de référence en chimie, physique et commence à l’être en bio-informatique.

Au total, ce sont une 30aine d’équipes de recherche, chacun piloté par un Professeur, qui font l’ICR. Ceux-ci se rencontrent (ou envoient leurs research assistants se rencontrer) plusieurs fois dans différents conseils. Mais au contraire des nôtres, un conseil commence ici systématiquement à l’heure et se termine quand les points prévus à l’ordre du jour ont été discutés. J’ai ainsi assisté à un conseil (tout à fait sérieux, avec émargement et ordre du jour) qui a duré… 5 minutes !

Le BIC

Le BIC regroupe 3 laboratoires de recherche en bio-informatique. Ces groupes partagent un séminaire commun.

Le groupe de Tatsuya Akutsu

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A l’intérieur du BIC coexistent 3 labs : le Ogata Lab, le Mamitsuka Lab et le Akutsu Lab. Ce dernier est dirigé par Tatsuya Akutsu. Celui-ci a publié un grand nombre d’articles, très cités, sur différents aspects mathématiques de la bioinformatique.

Le groupe est composé du patron, de quelques research assistants, et d’une dizaine d’étudiants, graduate students, c’est à dire des doctorants et des étudiants en Master. Parmi ceux-ci, de nombreux étrangers, venant en particulier de Chine.

Tamami, secrétaire du Akutsu Lab est d’une aide précieuse pour l’organisation de tout cela.

Les gens sont réparties sur plusieurs open spaces. On annonce qu’on est présent, à la maison ou parti boire un café avec l’aide d’un petit aimant qu’on déplace sur la porte…

 

Le campus d’Uji

Le campus d’Uji est situé au sud de la ville de Kyoto. On y accède par train, soit par la ligne JR, soit par la Keihan. Pour moi, cela représente deux changements, ce qui me permet de vérifier au quotidien l’impeccable synchronisation des trains japonais !

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Le tableau qui m’accueille chaque matin

Le campus accueille différents centres de recherche, parmi lesquels, outre l’ICR où je suis, le Disaster Prevention Research Institute, qui affiche en temps réel, à l’entrée de mon batiment, les différents tremblements de terre qui ont touché le Japon récemment. Il y a probablement aussi la possibilité de voir leurs prédictions pour la journée, mais (heureusement) c’est écrit en Japonais !